Carnet de route
SKI RANDO QUEYRAS GUY 0
Le 24/03/2026 par dejean catherine
Séjour Ski Rando Queyras du 15 au 19 mars- Guy Olivier
Dans un monde où nos repères vacillent , la neige exceptionnelle de cet hiver qui a plaqué nos massifs, maquillé nos forêts , alourdi jusqu’à la rupture les branches des mélèzes, coucouné les ruisseaux et torrents sous son manteau protecteur, sublimé les villages et chalets, cette neige nous a porté une douceur rassurante et intemporelle et a réveillé en chacun de nous ces si précieux souvenirs de nos hivers d’enfance comme ces vieilles cartes de vœux aux paysages enneigés magiques et scintillants .
Nous avions rendez-vous le dimanche 15 mars, jour des élections municipales, sur le parking de la chapelle de Clausis à Saint-Véran. Notre fidèle bus « DD » à 0,36 ct le kilomètre avait courageusement gravi la route depuis Saint-Chamas. Les 30 cm de neige tombés la veille, associés à une météo annoncée dans l’ensemble ensoleillée, laissaient présager de beaux moments.
Grand plaisir de retrouver l’équipe des vétérans, rejointe par quelques presque jeunes venus faire (très légèrement… !) baisser la moyenne d’âge. Sur le parking, petite hésitation : faut-il payer ou non ? Contrairement à la saison estivale, rien n’indique clairement une obligation. Par prudence, nous décidons de régler, puis prenons rapidement un encas avant de nous mettre en sentier.
Nous empruntons ce chemin si bien connu en direction du refuge de la Blanche. Il est aux alentours de midi, l’air est frais et une légère giboulée nous accompagne, mais le paysage est inlassablement somptueux. La progression est longue mais plutôt aisée, la trace étant déjà faite par le passage, certes irrégulier, des raquettes. Après la chapelle, le refuge apparaît, tel un phare, puis disparaît avant de se dévoiler à nouveau, solidement ancré sur sa butte, skis et raquettes appuyés contre le flanc du chalet. Il y a beaucoup de neige à 2500 mètres !
La montée s’est révélée assez facile… sauf pour Pierre, en difficulté après quelques mauvais coquillages !
On nous installe dans l’annexe, une structure récente située à l’arrière du bâtiment principal.
L’avantage, c’est que cet espace assez vaste nous est entièrement réservé. En revanche, l’accès n’est pas des plus simples : il faut traverser la neige, et en crocs, l’exercice devient vite délicat. Heureusement, Loïc et Olivier nous aménagent des marches dans la neige, rendant les allers-retours bien plus sûrs. La douche est inutilisable dans l’annexe, mais les toilettes fonctionnent et c’est déjà l’essentiel !
Les matelas sont confortables, les couettes bien chaudes. Nous installons nos quelques affaires et réaménageons l’espace douche (qui ne fonctionne pas ).
Pour certains, douche chaude au refuge VIP, un vrai luxe à 2500 mètres !
Le dîner est servi à 19 heures précises, et nous l’attendons avec impatience, il manque encore deux membres du groupe : Olivier et Jean-Pierre, dont l’arrivée est prévue pour le lendemain soir.
Le refuge est complet et le sera midi et soir, pour toute la durée de notre séjour : c’est une affaire qui tourne Marc !
Le repas est savoureux et copieux, la citronnade chaude ou froide tout comme la bière de la blanche deviendront rapidement des incontournables.
La première nuit à 2500 mètres est difficile pour beaucoup. Pierre tente sans succès de récupérer, tandis que nous rejoignons le refuge pour le petit-déjeuner, au milieu de groupes fébriles qui s’équipent les uns après les autres pour leur sortie sous un soleil éclatant et un ciel parfaitement dégagé.
Nous partons ensuite pour une courte course en direction du col de Saint-Véran. La neige est souple, la trace facile, mais la pente est encore à l’ombre et il fait froid. Nous atteignons assez vite le col ; Bernard et Loïc se ruent sur leur téléphone, enfin du réseau !
Nous poursuivons légèrement la montée en direction du pic de Caramantran avant de plonger dans une belle combe. Quelle neige incroyable ! (Film). La descente semble ne jamais finir jusqu’au refuge, et le plaisir se prolonge encore lorsque nous nous installons en terrasse pour admirer les belles traces dessinant des courbes parfaites depuis le col de la Noire.
Là, au soleil, devant nos salades ou nos omelettes géantes, le bonheur simple est total. L’après-midi s’étire doucement, loin des portables et de tout réseau : parties de scrabble, papotage, jeux de dés…
En fin d’après-midi, Olivier et Jean-Pierre nous rejoignent, transis de froid et bien fatigués par leur (ou leurs !) sacs. Nous sommes désormais neuf, enfin au complet.
Nous prenons de plus en plus nos aises dans notre annexe, à l’écart du bruit, et, sans trop savoir pourquoi, les allers-retours au refuge nous paraissent désormais plus faciles : l’acclimatation fait son œuvre.
Deuxième journée toujours sous un grand soleil et un ciel parfaitement bleu. Tous ensemble, nous prenons la direction du col Blanchet : une montée magnifique, portée par une belle trace ouverte par Pierre, (en pleine forme,) puis relayée par Loïc. La descente est tout aussi splendide, sur une neige parfaite, jusqu’au refuge. Quel bonheur ! Et pour finir, bis repetita : la terrasse, au soleil, autour de délicieuses demi omelettes (cette fois) et salades et le farniente des après-midis.
Repas du soir, nous savons que la météo annoncée au refuge pour le lendemain n’est pas favorable. Pourtant, pleins d’espoir, nous partons sous un soleil éclatant et un ciel parfaitement bleu, avec un objectif ambitieux : contourner le Rouchon puis rejoindre le bas de la Pointe des Sagnes.
À peine les skis aux pieds, un épais bataillon de nuages bas surgit à l’est et descend sur nous à une vitesse impressionnante. La fameuse « Nebbia », annoncée la veille, nous rattrape : bourrasques de neige, vent violent, froid glacial et visibilité très réduite.
Nous poursuivons un moment, puis le groupe décide de se scinder en deux : celui de Pierre continue la montée, tandis que nous faisons demi-tour avec les peaux mais fixations en position descente. La visibilité devient presque nulle et nous perdons rapidement nos traces de montée, dérivant trop sur la droite. Guy doit sans cesse retirer masque et gants pour s’orienter.
Le retour me paraît interminable, alors même que le refuge n’est plus très loin. Et puis enfin, il surgit, massif, tel un rocher émergeant du brouillard. J’y arrive pour ma part dans un état pitoyable, comprenant alors pleinement tout le sens du mot « refuge ». Les autres ne tardent pas à nous rejoindre. Dehors, la tempête se poursuit inlassable et nous savourons les couettes !
La soirée se prolonge autour d’un dernier jeu de dés et de discussions animées (Imbert ou Humbert, Souliers ou Montbardon ? oui, j’ai perdu Guy !). Le repas, toujours aussi copieux et le Génépi du patron vient clore ce dernier soir.
Le lendemain, le retour s’effectue comme à l’aller par le chemin de la chapelle, en direction de Saint-Véran c’est correct mais il faut pousser un peu. Le paysage a totalement changé : le village et ses pistes ont été balayés par le vent, et la neige a disparu, comme si l’hiver s’était éclipsé en une nuit.
Voilà c’est la fin et retour dans nos maisons sauf pour Pierre et Bernard qui enchaînent une autre rando dans le Queyras.
Un immense merci à Guy pour l’organisation et sa présence ainsi qu’à chacun d’entre vous pour ces beaux moments de partage
en espérant déjà pouvoir les revivre ensemble l’année prochaine !
Catherine D
Avec Guy 0, Alain P, Pierre D, Patricia C, Jean-Pierre C, Bernard Z, Olivier S, Loïc F.





